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(28-01-2008)
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Bain de sang sur le CAC 40 en chute libre de - 9,04 % à 3 711,98 points à la clôture dans des volumes étoffés mais juste supérieurs à la moyenne. C'est un véritable
'lundi noir' avec un repli proche des - 9,64 % % enregistrés le 19 octobre 1987 et supérieur à celle du 11 septembre 2001 qui avait enregistré une baisse de - 7,39 %.
Paris enregistre le pire score en Europe avec Amsterdam. Dexia perd - 20,29 % mais la chute des matières premières et du pétrole entraîne également Vallourec et Arcelor de - 16,07 % et - 14,85 %
respectivement. Amsterdam lâche - 9,15 % avec la chute de l'assureur Aegon de - 24 % alors que Fortis a été suspendue après la remise en cause de son sauvetage du week-end précédent.
La partie néerlandaise est nationalisée alors que BNP reprend 75 % de Fortis Belgique (25 % la Belgique) et 66 % Fortis Luxembourg (33 % le Luxembourg), la belgique devenant en contrepartie le
premier actionnaire de BNP avec 11,6 % des parts et le Luxembourg 1,6 %. L'opération est appréciée des marchés pour l'heure avec une baisse de 'seulement' - 5,39 % pour BNP ce soir et le
maintien par Fitch de la notation de la banque française qui devient le n°1 en Europe. Standard & Poor's a cependant placé à 'négative' la perspective de la notation de la banque.
L'autre sauvetage amendé durant le week-end et qui a fait trembler toute l'Europe concernant Hypo Real Estate en
Allemagne a trouvé une solution tard dans la nuit dernière avec une augmentation du plan de 35 à 50 milliards ? mais celui-ci n'a pas convaincu les marchés qui 'sabrent' l'action de - 37,42
%. Plus dommageable psychologiquement, SAP perd - 16,41 % à Francfort sur fond de 'profit warning' (avertissement sur résultat) avec Daimler à - 14,55 % et Continental à -12,62,
ThyssenKrupp suivant non loin derrière à 11,70 % et Siemens à - 9,31. Même les valeurs industrielles ne tiennent plus et la chute de l'euro sous les 1,35 $ n'aide en rien les
exportatrices.
D'autres états que l'Allemagne ont décidé ou envisagent de donner une garantie pour les dépôts des épargnants comme le Danemark, l'Autriche ou l'Islande qu fait l'objet spéculations
extrêmes comme une possible entrée en 'catastrophe' dans l'Europe.
Les dépêches qui crépitent les unes après les autres n'ont donné aucun répit dans un climat de débâcle générale où on trouve entre autres exemples : l'Etat de Californie à la
recherche de 7 milliards $, la première banque italienne sur le point de lever 6,6 Mds ?, le dépassement des 3 % du PIB du déficit budgétaire grec en 2007 ou la nécessité d'interrompre les
cotations à Moscou, sans parler de la cacophonie sur le cas irlandais dont la garantie va au-delà des dépôts et couvre tout le dispositif financier de ce pays.
* Mini-krach sur le marché des changes : au-delà de la parité ? / $, l'aversion au risque engendre des débouclages
massifs sur le yen carry trade avec une chute de plus de 5 % de l'euro contre la devise japonaise et de - 4 % du dollar contre yen.
* Les investisseurs se sont rués dans les obligations d'état en recherche de refuge et d'une meilleure qualité de risque
en terme de signature alors que les matières premières décrochent, pétrole en tête qui passe sous les 90 $ le baril.
* Pour les investisseurs en euro, on notera le mouvement singulier déjà exploré dans l'article intituléVers une évolution de la place de l'or au sein des matières premières ?qui s'est amplifié aujourd'hui avec la hausse de l'or qui se positionne juste sous ses plus hauts de l'année...
... et l'indice des matières premières CRB hors énergie qui plie avec les marchés actions après rupture d'un support
:
Une heure et demi avant la clôture à Wall Street, le Dow Jones perd - 7 % environ.
Alors que la Chancelière Angela Merkel avait critiqué la décision irlandaise prise de manière isolée de garantir sans limite pour 2 ans les dépôts et d'autres engagements
bancaires du système financier irlandais, la même garantie sera apportée par l'état allemand aux dépôts d'épargne des particuliers allemands.
La garantie est sans limite alors qu'elle n'était jusqu'ici que de 20 000 ?. Concrètement l'estimation porte sur 568 milliards ? de dépôts.
Cette décision est prise dans le prolongement du retrait des banques du plan sauvetage de la banque Hypo Real Estate évoqué lundi dans Actualité - Bourse
: parfum de débâcle, les pertes de cette dernière pouvant être bien supérieures à celles initialement
annoncées. Le feu vert de la Commission Européenne avait été donné sur ce plan dès jeudi. Pour mémoire: cette banque est intégrée au DAX 30, l'équivalent du CAC 40 français. Son activité concerne
essentiellement le financement de l'immobilier commercial. Ce n'est ainsi pas vraiment une banque de "dépôts".
Après un discours de Merkel pour rassurer en indiquant que le gouvernement se portait 'garant' des dépôts, le Ministère des Finances allemand a rendu la nouvelle officielle peu après.
?Edition Spéciale : le plan irlandais ''à la suédoise'' fera-t'il des émules ? ...et bien, l'Allemagne est donc la seconde nation à mettre en place une telle mesure en moins d'une semaine. La Grèce a
également évoqué par la voix de son ministre des finances une telle possibilité mais cela ne ressort pour l'heure que comme un 'engagement politique' et non comme un plan de garantie qui
modifierait la législation.
Une telle garantie est dans le 'collimateur' de l'Union Européenne et de son Commissaire à la concurrence Neelie Kroes qui y voit 'une mesure discriminatoire'.
Le point crucial ici est motivé par l'importance qu'à Hypo au sein des obligations foncières, publiques et
para-publiques allemandes dénommées pfandbrief. Les émissions de Hypo sur ce marché représenteraient un peu moins de 200 milliards ? sur les 900 milliards ? émis dans ce cadre
par les acteurs allemands et qui y font figure de référence (benchmark) en Europe dans un marché obligataire très sécurisé d'une valeur totale de 2 000 milliards ? dont les obligations sont
dénommées 'covered bonds'. (Elles sont émises par les acteurs financiers français sous ce vocable dans lesquelles on trouve par exemple
lesobligations foncières. 10 % des covered bonds sont émises
par des acteurs français en terme d'encours, soit la 4 ème place en Europe seulement, les 3 premiers pays représentant plus de 70 % du total)
Un défaut d'un émetteur sur ce marché entraînerait une onde de choc sur l'ensemble de ce marché européen de grande dimension et serait la porte ouverte au développement concret
du risque systémique, celui-ci finançant de grands projets, de l'immobilier ou de grandes infrastructures par exemple.
Nous sommes là au coeur même de notre dispositif financier, et non seulement bancaire en Europe (et tout particulièrement en Allemagne) à la manière de ce qui a été décrit dansAux portes de la zone vitale du système financier USpour le système financier américain il y a quelques jours en arrière.
C'est l'occasion de continuer cette nouvelle rubrique 'Un évènement, un graphe'. Je vais vous présenter 2 éléments qui seront de toute façon actifs que l'orage se calme ou se déchaîne
encore plus dans les semaines à venir. Ils sont à l'oeuvre depuis des lustres et posent de sérieuses questions sur les remèdes actuels qui sont évoqués.
Petit rappel pour commencer: voici ci-dessous tout d'abord, le tableau de l'endettement total américain comparé à la production de richesses de cette économie majeure au cours de l'histoire comme
détaillé dans le dernier édito Endettement US :
remboursement ou fuite en avant ? Vous vous posez sans doute les mêmes questions que moi : est-ce que cela va finir comme en 1929, comment en
est-on arrivé là et jusqu'où peut-on monter comme cela ? Gloups...
En lissant la progression depuis la guerre, on découvre ci-dessous une parabole (en noir) et une économie basée sur
l'accroissement de la dette de manière exponentielle qui se heurte dorénavant pratiquement à un mur. Les dépassements des plus hauts ont été rendus possibles grâce aux quelques éléments repris en
rouge qui sont parfaitement connus de tous maintenant.
Dire que l'économie est basée sur la dette n'est qu'un constat en relation avec le descriptif du 2nd graphe, mais
rien ne permet d'en faire un fondement a priori sans quelques preuves et illustrations.
Pourtant, la dette représente largement une facilité financière qui permet la réalisation de la croissance en tant que projection positive des ménages, des entreprises et de l'état dans
le futur tout autant qu'elle est apparue ces dernières décennies comme un élément pour relancer la machine économique soit en faisant des emprunts ou en baissant les taux pour en accroître le
volume et permettre à l'économie de repartir.
En 1966, 1 $ d'endettement supplémentaire injecté dans l'économie réelle produisait un peu plus de 0,80 $ de production de richesse en plus.
1966: 1 $ de dette en + = 0,80 $ de PIB en +
L'efficacité de la thérapie était au rendez vous, ou plus positivement, si un nouvel emprunt était l'expression de la confiance des acteurs économiques dans un projet quelconque, sa
mise en oeuvre engendrait un fruit plutôt bien corpulent pour l'économie assez rapidement.
Plus on injecte plus la machine fonctionne, plus les agents économiques réalisent des projets et l'économie croît dans un retour sur investissement à percevoir ultérieurement, etc... Si la
machine cale, on baisse les taux, on permet donc à plus d'entités de pouvoir s'endetter facilement et la dette permet de pallier temporairement aux hoquets conjoncturels en leur permettant de
réaliser plus facilement leur projet. Tout ceci n'a que du bon, sauf que comme vous pouvez le constater sur la 3 ème illustration, plus on a injecté de dettes plus celles-ci sont allées se loger
dans des endroits qui n'avaient plus rien à voir avec la production de biens et services réels, ou si c'est le cas, ceux qui étaient créés n'avaient pas d'influences très positives sur
le PIB. 1 $ de dettes en 2007 on engendré moins de 0,20 $ de PIB en plus. L'efficacité s'est dissipée... les fruits économiques sont devenus très menus et les dettes colossales.
2007 : 1 $ de dette en + = 0,18 $ de PIB en +
Se pose donc la question de savoir où part cette dette ? Réponse : de plus en plus dans les actifs
essentiellement financiers avec, en point d'orgue, l'immobilier depuis 2001 suite à des baisses de taux tout à fait historiques pour faire repartir la machine suite à la précédente récession.
D'aucun parle d'une économie de 'bulles' de plus en plus fréquentes et qui éclatent de plus en plus fréquemment et de plus en plus violemment impliquant des populations de plus en plus
larges.
Est-ce que le traitement du Plan Paulson qui consiste à endetter les USA encore plus en rajoutant de la dette à de la dette résout le souci ou ne fait-il que le déplacer de la sphère privée à
la sphère publique en gagnant du temps ? Les baisses de taux peuvent elles être attendues comme potentiellement efficaces pour notre économie ?
On est quelque part au bout de cette très grande dynamique historique économique et financière collective faite d'endettement sans fin devenu presque totalement
inefficace.
LeCAC 40 termine la semaine, toujours avec
un accroissement de la volatilité, en hausse de + 2,96 % à 4 080,75 points porté par les banques qui ont bénéficié de la hausse de Wachovia (+ 74,55 %) suite à une offre de la banque
Wells Fargo qui présente une prime de + 79 % par rapport à l'offre de Citigroup et qui propose une fusion des 2 banques sans l'intervention du gouvernement.
L'économie américaine a détruit 159 000 emplois le mois dernier contre - 105 000 attendus après - 73 000 en août (révisé de - 84 000) soit le niveau le plus élevé depuis 5 ans et demi. Le
taux de chômage reste à 6,1 % car 121 000 personnes sont sorties du décompte de la population active.
Plus rassurant, l'indice d'activité du secteur des services a légèrement décliné à 50,2 en septembre contre 50,6 en août mais ressort au-delà des attentes qui se situaient en
moyenne à 50 et surtout, le chiffre reste en zone d'expansion. Les nouvelles commandes repassent également la barre des '50' à 50,8 plus vu depuis les 53,6 du mois de mai dernier.
L'emploi sans surprise par contre ressort en baisse à 44,2, composante la plus déprimée de cette statistique. Est notable également la baisse des 'prix payés' à 70 contre près de 84,5
au plus haut en juin.
En Europe, l'indice d'activité dans les services est ressorti à 48,4 contre 48,5 en août contre 48,2 attendu. Cependant
l'indice composite (industrie + service) ressort à 46,9 après 48,2 sous les 47 attendus signalant une contraction de l'activité pour le 4 ème mois d'affilée et au plus bas depuis novembre 2001.
Pour mémoire, il y a un an ce même indice d'activité globale du secteur privé compilé à partir d'une enquête auprès de directeurs d'achat de l'Euroland se situait à 54,2.
Dans le détail :
- la France progresse à 50,1 après 48,1 en août.
- l'Allemagne est à 50,2 en septembre contre 51,4 mais au-delà des estimations à 49,3.
- l'Italie en est à son 10 ème mois de contraction consécutif
- quant à l'Angleterre, hors zone, le chiffre ressort à 46 pour le mois dernier au plus bas depuis 12 ans.
? La Chambre des représentants américaine a voté en faveur du plan de sauvetage de 700
milliards $ du système bancaire US à 263 voix contre 171. Les modalités précises d'intervention et les délais seront précisés dans les prochains jours. Signalons d'ores et déjà que
la garantie pour les dépôts a été relevé de 100 000 à 250 000 $ en cas de faillite bancaire.
Suite au vote qui a eu lieu peu après la clôture en Europe, le Dow Jones a perdu près de 500 points depuis les plus hauts du jour avant le week-end et termine à 10 325,70 en baisse de - 1,50
%.
Le sentiment est très très partagé ce soir entre un soulagement concernant le vote et le secteur des services, la prise en compte avec l'opération Wachovia qu'il reste par endroits de la
'valeur' a priori dans le bilan des banques, mais hélas, persiste le dur constat d'une économie qui détruit mois après mois un grand nombre d'emplois.
Alors que le monde politique européen est tiraillé entre différents gouvernements souhaitant la mise en place d'un plan de renforcement du système bancaire (Les hollandais
proposent une injection équivalente à 3 % du PIB) d'autres sont très hostiles comme les allemands. Ceci met clairement en relief aux yeux du monde que derrière l'unité monétaire européenne
aucun gouvernement économique européen n'existe, ni Trésor européen comme aux USA. La tâche est d'autant plus dure que des nationalisations et soutiens au cas par cas ont déjà eu lieu.
Tel est le constat 'politique' qui fait débat ce jour mais qui cache largement un autre phénomène plus profond pour les financiers :
Le parlement irlandais a voté, à une large majorité, ce jour, une garantie illimitée aux principales banques du pays, 2 jours après la décision annoncée par le gouvernement
et largement détaillée hier :
Plutôt que de risquer une dégradation en chaîne d'un petit marché tenu par 6 banques et compte tenu de la rapidité de la dégradation économique
irlandaise, l'Irlande s'engage pour 575 milliards $ à elle seule et voit passer à 242 % de son PIB ses engagements financiers totaux contre une dette nationale qui ne représentait jusqu'ici
que 25 % du PIB ( > 60 % pour la France), situation saine atteinte jusque là grâce à de longues années de croissance antérieures.
Bien sûr il ne s'agit pas de décaisser cette somme en totalité et la faiblesse de la dette publique est un argument pour réagir largement et rapidement mais la physionomie financière de ce
pays a été transformée du tout au tout en 48 heures et change la 'donne' autour de lui.
Plus difficile est ainsi la distorsion qui apparaît avec l'Angleterre toute proche qui voit là une concurrence naître de manière tranchée dans un contexte déjà exacerbé. La crainte est de
voir des fonds en mal de refuge affluer vers l'île, Gordon Brown n'ayant relevé récemment que de 35 000 à 50 000 £ la garantie des dépôts pour les anglais.
C'est un précédent et un fait accompli qui pourrait faire tâche d'huile pour le grand voisin et qui interpelle au sein de l'Euroland, tout autant qu'il montre les différences de situation
financière des différents états européens. Les journaux anglaisrelatent ainsi des reports des épargnants vers les banques
garanties par un état ou un autre (Northern Rock dispose d'une garantie illimitée suite à sa nationalisation) La confusion gagne encore avec la possibilité éventuelle d'intégrer dans le programme
de garantie les banques étrangères ayant une activité importante en Irlande.
L'euro est allé toucher des plus bas d'un an à 1,3744 $ en baisse contre plus de 1,45 lundi, le doute gagnant
l'Europe nettement. La BCE a maintenu son taux directeur à 4,25 %, son président soulignant le niveau absolument extraordinaire des incertitudes actuelles et a eu des propos qui laissent espérer
une baisse de taux prochainement, ceci affaiblissant l'attractivité de l'euro vis à vis du dollar US.
D'un point de vue boursier, les marchés actions auront corrigé principalement en raison d'une statistique
hebdomadaire du chômage US négative à la veille de la statistique officielle sur les créations d'emplois en septembre (105 000 destructions attendues) et à cause d'un ralentissement des commandes à l'industrie. Sur le graphe ci-dessus on voit qu'après
le trou d'air de début d'année les - 4 % enregistrés en août forme une rupture dans un secteur qui résistait bien jusqu'ici et dont la dégradation récente se confirme (cf. La dégradation de l'économie éclipsée par le Plan Paulson ?)
Si le Sénat a voté en faveur du plan Paulson 'remanié', les marchés restent dans l'attente du nouveau vote de la Chambre des Représentants demain. Les rumeurs de faillite concernant la grande
compagnie d'assurances Metlife amène le Dow Jones à chuter de plus de 3 %.
La journée de demain sera d'autant plus chargée que l'indice d'activité des services pour septembre paraîtra un peu avant les créations d'emploi.
Sur les marchés du crédit, les angoisses de faillite et les primes à la hausse pour se couvrir contre d'éventuelles défaillances gagnent les états.
Ci-contre,se trouve le graphe d'un support pour se couvrir contre la défaillance (très théorique) des obligations gouvernementales américaines qui font office de refuge pour les
investisseurs. Après les pics enregistrés lors de la faillite de Bear Stearns en mars puis cet été, la nationalisation de Fannie Mae et Freddie Mac aura amené une nouvelle
jambe de hausse, les dernières évolutions engendrant des records.
La 'prime' pour se couvrir en début d'année s'élevait à 10 000 $ pour une tranche d'emprunt de 10 000 000 $ de l'état fédéral. Elle est actuellement supérieure à 30 000
$.
A titre de comparaison, après que le sénateur Reid ait indiqué qu'un grand assureur était sur le point de faire faillite si le plan n'était pas voté, ces "couvertures" 'CDS' (Credit Default Swap)
sont montées, pour Metlife mais aussi pour Prudential et d'autres, aux alentours de 500 000 $ pour une tranche de 10 000 000 $ d'obligations émises par ces
compagnies.
Voilà autant de données qui sont détaillées habituellement chaque soir mais qui ne le seront pas aujourd'hui car elles passent très largement à l'arrière-plan de la mesure évoquée hier
soir en Irlande de garantir en totalité le système bancaire et financier pour un montant absolument gigantesque qui dépasse de loin le PIB de ce pays.
Le premier ministre irlandais dit avoir le soutien de la France, qui préside l'Union Européenne actuellement, pour la mise en place d'une telle mesure. Selon l' Irish Times, les spéculations vont
bon train pour l'adoption d'une mesure comme celle-ci en Angleterre mais aussi en France. Un démenti a été apporté par le Ministère des Finances jugeant le système bancaire français
suffisamment solide pour ne pas avoir besoin d'une mesure d'exception comme celle-ci.
Si aucun euro ne sera perdu selon les autorités françaises, élément évoqué de manière implicite verbalement , les irlandais avec une loi en la matière pour garantir très largement rendent la
chose 'explicitement légale'.
Qu'en est-il ?
Nous avons réalisé à de nombreuses reprises ici de longs passages dans des articles pour dissocier les termes crise financière, boursière, récession, monétaire etc qui s'entrechoquent un peu
chez tout le monde lorsqu'une crise apparaît d'autant que les mots 'Krach' et 'Lundi noir' sont assez mal définis habituellement et renvoient à des émotions fortes.
Chacun perçoit aujourd'hui un peu les réalités de ces notions qui vous ont été délivrées très tôt et qui sont distinctes
de la notion de 'récession' qui elle a trait à l'économie et qui la surpassent complètement à quelques moments clefs comme vous pouvez la constater. La récession est angoissante mais la
peur qu'une panique ne survienne lui est bien supérieure, il suffit de voir les réactions rapides des états depuis quelques jours.
La crise actuelle s'intègre ainsi dans l'histoire non pas seulement en terme de Krach ou de récession, le premier mot étant surtout boursier, le second surtout
économique mais à trait aux "paniques" comme leWall Street Jounal en a fait la synthèse il y a quelques jours en
faisant référence aux paniques de 1792, de 1907, à la grande dépression et à l'épisode des Saving & Loans des années 80. L'analogie était déjà présente pour ce
journal dèsaoût 2007 et à nouveau cesderniers jours pour amener des points de comparaison permettant d'évaluer les décisions qui sont prises aujourd'hui par rapport à cette
panique historique de 1907 à laquelle la situation actuelle renvoie de plus en plus nettement et pour de plus en plus de monde alors que cela n'était enfui jusqu'ici qu'au sein des
spécialistes de l'économie bancaire, du crédit ou les historiens de l'économie.
Mais à l'automne 1992, cela tourna au cauchemar. Récession, effondrement du marché de l'immobilier, perturbations sur le front des devises, la catastrophe était là. Il fallait frapper fort et
large. "Nous avons tout simplement décidé de donner la garantie de l'Etat pour tous les crédits des banques. Tout serait payé. Nous avions carte blanche sur le plan financier du
Parlement, se rappelle M. Lundgren. Mais pour chaque couronne que nous mettions, nous voulions la même influence. C'était une façon d'éviter que les banques ne profitent de la
situation."
Voilà ce qu'essaye de faire (un peu) le plan Paulson (voir également le très bon article de Jean-François Couvrat'Un plan à la suédoise pour conjurer la crise') et .... voilà ce qu'ont décidé hier les irlandais !
Dans une grande étude tout récemment réalisée par le FMI qui a étudié 42 crises bancaires dans 37 pays de 1970 à
2007 (document de 80 pages téléchargeable en fichier Pdf intitulé'les crises bancaires systémiques : une nouvelle base de données) il ressort à nouveau que la crise suédoise des années 90 a permis grâce à la mise en place d'un fond et d'un plan de
garantie de sortir d'une telle crise. En moyenne, l'étude montre que le coût représente 16 % du PIB du pays considéré.
La problématique en Europe est que de petits pays sont confrontés à des géants bancaires qui dépassent leur capacité financière et l'Irlande a été plongée, alors qu'elle est déjà la première
économie à être entrée en récession dans la zone Euro, dans un marasme immobilier et bancaire tel qu'un plan de sauvegarde global s'est imposé.
Selon l'AFP: La ministre française de l'Economie Christine Lagarde plaide pour la création à l'échelle
européenne d'un fonds commun dans lequel puiser pour éviter toute faillite bancaire, selon une interview à paraître jeudi.
"Que se passerait-il, si un Etat de petite
taille était confronté à la menace d'une faillite bancaire? Peut-être n'aurait-il pas les moyens de sauver l'institut concerné. Se pose alors la question d'une solution de secours européenne", a
dit Mme Lagarde au quotidien Handelsblatt, selon des extraits communiqués à l'avance. Ceci a été ensuite démenti catégoriquement par la Ministre (AFP)
Alors que chacun se focalise sur la crise bancaire, il convient de bien comprendre que si les états arrivent aujourd'hui à calmer le jeu sur les banques, ils s'affaiblissent eux-mêmes comme
différents éléments relatés ces derniers jours en ont montrés les prémisses notamment via les taux d'emprûnt en hausse auxquels certains pays sont soumis dorénavant.
"la transmission en chaîne du mouvement (des faillites personnelles et des saisies immobilières) est elle possible jusque ..jusque tout en haut ? Je ne sais pas si la faillite globale est
proche mais préparons nous au pire même s'il n'est jamais certain et nous n'aurons que de bonnes nouvelles" telles étaient mes interrogations et la piste que je vous proposais de suivre avec
vous, il y maintenant plus de 2 ans dans le 1er édito.
Nous sommes arrivés 'tout en haut', certes au niveau de la porte d'entrée, mais tout en haut tout de même.
L'Etat n'est pas cet 'ailleurs' ou cette 'alternative' que nombre de théoriciens mettent en avant en tant que 'providence' ou 'dernier recours' fatalement salvateur et 'idéal'. En terme de
risque, de crédit ou de faillite, c'est juste le stade ultime, l'aboutissement d'un chemin de faillites, le niveau supérieur de notre organisation car l'état est l'agent économique le plus
fort devant les ménages ou les entreprises. Mais sur le fond cela revient à nous tous à garantir notre propre épargne et nos propres crédits, en tant que citoyen et contribuable
d'Etats ayant déjà peu de marges de manoeuvre, aboutissement de 25 à 30 ans de déficits cumulés et d'une charge de la dette souvent importante suivant les pays. C'est une garantie
purement formelle, psychologique, une garantie qui n'existe pas réellement en terme financier puisqu'il s'agit là en quelque sorte de s'assurer soi-même. Certains états ont fait
faillite à travers l'histoire à prendre trop d'engagements.
Gageons que les décisions actuelles seront de nature à nous rapprocher du cas suédois de sortie 'heureuse' à terme.
On redécouvre tous que le risque zéro n'existe pas où que ce soit, chez qui que ce soit. Finance de marché moderne
et ultra-sophistiquée ou grands états, la terre ferme se rappelle à tout un chacun. C'est la crise du retour au bon sens.
Après le mini-Krach du Dow Jones de - 6,98 % hier soir consécutif au vote négatif concernant le plan Paulson par la Chambre des Représentants, les marchés actions ont réussi à
se stabiliser grâce à la prise en main de Dexia et à la prise en compte que le refus législatif hier aux Etats-Unis ne constitue qu'une étape dans les débats, d'autres aménagements et
de nouveaux votes étant mis en perspective.
Le CAC 40 ferme la séance en hausse de + 1,99 % à 4 032,10 points. Dexia a été suspendue de cotations une partie de la matinée mais finit en hausse de + 4,47 % à la faveur d'une augmentation de
capital de 6,4 Milliards ? souscrite par l'état belge, luxembourgeois comme dans Fortis et l'état français.
La France prend une participation de 3 Mds ? essentiellement via la Caisse des Dépôts et Consignation -CDC - actuel actionnaire important de cette banque qui résulte de la fusion en
1996 du Crédit Communal de Belgique et du Crédit Local de France, spécialisée à la base dans le financement des collectivités locales mais active dans de très nombreux métieurs
aujourd'hui.
La France détient ainsi dorénavant un peu plus de 25 % des actions (contre 13 % précédemment via CNP et CDC) soit l'équivalent à peu de choses près des parts détenues par l'état, les
communes et les régions belges. 18 % sont détenus côté belge par Arcofin et la mutuelle Ethias et 3,8 % par les salariés.
En Irlande, où l'indice de la bourse de Dublin, l'Iseq, a perdu - 13 % hier avec - 46 % sur Anglo-irish Bank (+ 67,13 % ce soir), décision a été prise par le gouvernement de garantir tous les dépôts des 6 principales banques. Selon le Financial Times, il s'agit d'un engagement total considérable à hauteur d'environ 567 Milliards $ à mettre en rapport avec un PIB pour 2007 de 254 Milliards $.
En Italie, la plus importante banque italienne, Unicredit, perd encore ce jour - 12,70 % (après - 10,30 %) hier et avec 3 suspensions de cotation en cours de séance.
Aux USA l'indice des prix immobiliers US selonl'indice Case/Shillerchute pour le
10 ème mois d'affilée à un taux de déclin record, soit pour le mois de juillet, - 17,5 % sur un an.
Plus satisfaisant, l'indice d'activité de la région de Chicago est ressorti à 56,7 en septembre (donc indiquant une
expansion de l'activité car > 50) et meilleur qu'attendu puisque le consensus escomptait 54. Il s'agit cependant d'un ralentissement par rapport aux 57,9 enregistrés en août.
La confiance du consommateur progresse par ailleurs pour septembre à 59,8 contre 55 attendu et le chiffre d'août a été révisé à la hausse de 56,9 en première estimation à 58,5. La 'situation
actuelle' est jugée en régression sur un mois passant de 65 à 58,8 mais les anticipations s'améliorent à 60,5 après 54,1 le mois dernier (donnée qui évoluait entre 41 et 48 en juillet, juin et
mai)
Le Dow Jones reprend + 4,68 % à 10 850,74 points en début de soirée.
? La fin de semaine sera marquée, en complément de l'attente d'un éventuel nouveau vote aux USA jeudi concernant un plan
'remanié', par différents rendez vous importants sur le front économique avec la parution :
- dès demain de l'enquête ADP sur l'emploi et l'indice d'activité manufacturière pour septembre
- jeudi , des commandes industrielles
- vendredi par les chiffres des créations d'emplois et l'indice d'activité du secteur des services.
Le CAC 40 dégringole de - 5,04 % sous les 4 000 points à 3 953,48 points au plus bas depuis 3 ans et demi.
Si le plan Paulson aura fait l'essentiel de l'actualité au cours du week-end avec un vote attendu ce jour par les membres du Congrès, le sentiment sur les banques aura passé un nouveau cran
avec une confiance dévastée sur certains marchés du crédit. Après la faillite de Washington Mutual en fin de semaine dernière, les autorités américaines ont orchestré un sauvetage préventif
de Wachovia qui a été reprise par Citigroup dont les pertes éventuelles seront prises en charge entre la banque, la FEd et le Trésor US.
*****La crise s'est également et surtout transmise à l'Europe, dans un climat de réunions de crise, de plans de renflouement et de sauvetage au
coeur même du continent avec les plus hautes autorités, banques centrales comprises :
Benelux :
- Fortis aura vu l'intervention des gouvernements luxembourgeois, belges et hollandais à hauteur de 11,2 milliards ? pour nationaliser partiellement le groupe bancaire, qui compte parmi les 25
plus grandes banques au monde, les états prenant 49 % des parts pour maintenir la confiance des épargnants. Après un départ dans le vert, le titre termine en baisse de - 23,71 %. La bourse
d'Amsterdam décroche de - 8,75 %.
- Des rumeurs d'augmentation de capital de la banque franco-belge Dexia dans la nuit de dimanche a lundi ont précipité le cours de l'action à 7,20 ? en chute de - 28,50 % emmenant le BEL20 à
Bruxelles en baisse de - 7,98 % et alourdissant le score du CAC 40. Un conseil d'administration extraordinaire est en cours depuis 18 heures.
Allemagne :
Le gouvernement allemand et un groupe de banques ont dû voler au secours de Hypo Real Estate bank, coté au sein du DAX 30, active dans l'immobilier commercial et qui reçoit une aide de 35
Mds ? en terme de lignes de crédit dont 26,6 Mds ? sont garanties par l'état allemand. Si la difficulté à boucler le financement d'Abn Amro rend la tâche difficile à Fortis, cette banque
allemande est confrontée à des difficultés de sa fililale irlandaise engluée dans le subprime depuis des mois. L'action perd - 73,91 %. Commerzbank perd - 24,01 % et Deutsche Bank - 7,74 %.
Royaume-Uni :
Bradford & Bingley a été nationalisée après Northern Rock en 2007. Le réseau d'agence est repris par l'espagnol Santander via sa filiale Abbey déjà repreneur à la hâte d'Alliance &
Leicester un peu plut tôt. L'état anglais va garantir les crédits immobiliers.
En Islande, la 3 ème banque du pays a du être secourue par le gouvernement dont la situation économique et financière du pays entier donne déjà des sueurs froides aux investisseurs depuis
des mois (L'Islande au bord de la faillite ?)
Une réunion d'urgence aura lieu autour de Nicolas Sarkozy demain dans la matinée avec le premier ministre, des
ministres, les principaux banquiers, des assureurs et la Banque de France.
L'Euro perd - 1,50 % à 1,44 $. La plupart des matières premières connaissent de franches baisses également à l'image du pétrole qui retombe à 98 $ le baril en baisse de - 8 %. L'once d'or
gagne cependant 1,50 % aux alentours de 900 $ en début de soirée.
C'est la course au cash, reflétée par des injections massives de liquidités par les banques centrales à destination de banques tétanisées sur le marché interbancaire et une nouvelle ruée vers la
sécurité qui se reflète via la baisse des taux obligataires en Europe, et donc la hausse des obligations gouvernementales allemandes qui font référence (ci-dessous la courbe des taux de ces obligations par maturité ou échéance - la ligne orange représente les niveaux de vendredi, en vert ceux atteints ce
soir)
Dans l'attente du vote du Plan américain, le Dow Jones perd - 2,38 % en début de soirée, mais on retiendra au-delà du
stress qui se porte sur les banques européennes, l'appréciation négative des marchés obligataires pour les dettes de certains Etats dorénavant, à l'image des obligations
gouvernementales belges qui voyent leur 'spread' ou différentiel de taux avec les obligations allemandes passer de 0,25 % en août selon la BCE à 0,60 % environ, en hausse de + 0,10 % sur la
journée. La dégradation de la solvabilité du pays s'exprime ici par un supplément de rémunération demandée par les investisseurs. La Belgique voit donc son surcoût d'endettement par rapport à la
1ère économie européenne s'élargir, celui de l'Italie atteignant même ce jour + 0,88 % au plus haut depuis l'avènement de l'Euro en 1999. C'est toute la hiérarchie des risques des
entités économiques aussi grosses soient-elles qui est ré-appréciée.
Le sauvetage en cours par les Etats n'est ainsi pas quelque chose de 'définitivement endigué', les problèmes pouvant comme déjà signalé s'exprimer par un vote négatif des marchés soit
obligataires comme on le constate avec le cas belge mais aussi via le marché des changes.
La crise touche au risque des états dorénavant et potentiellement à leur monnaie.
Complément 22H30 : le Dow Jones perd - 6,98 % à
10 365,45 points suite au rejet surprise par la Chambre des Représentants du plan Paulson par 228 voix 'contre' et 205 'pour' (une grande partie de Démocrates ont voté pour alors
que les Républicains n'ont guère suivi leur chef de file)
Le CAC 40 termine la semaine sur une baisse de - 1,50 % à 4 163,38 points alors que le Dow Jones gagne + 1,10 % à 11 143,13 points au cours d'une séance très volatile à
nouveau.
Finance : aggravation et espoirs ...
- la plus grosse caisse d'épargne américaine, Washington Mutual, 6 ème banque américaine par les actifs a été mise en faillite et constitue la plus grosse faillite bancaire de l'histoire
américaine (les banques d'affaires ayant un autre statut jusqu'ici et Fannie Mae et Freddie Mac n'étaient pas des banques de dépôts non plus mais des institutions
financières)Les activités les plus saines sont reprises par Jp Morgan qui après le rachat de Bear Stearns voit comme Bank of America son statut de banque leader se confirmer dans cette
crise.
- la banque belgo-néerlandaise, Fortis, a fait l'objet de toutes les rumeurs ce jour est perd plus de - 20 % à Bruxelles et à Amsterdam infligeant une baisse de - 4 % sur la séance à
l'indice AEX de la bourse des Pays-bas. Les gouvernements belges et hollandais ont été mobilisés sur le sujet toute la journée appelant au calme et à la sérénité. C'est le feuilleton du jour en
Europe avec une conférence de presse tenu par son dirigeant pour assurer que la banque ne déposerait pas son bilan. Un nouveau patron a été nommé en début de soirée. On notera que le
ministre des Finances hollandais a indiqué selon7/7: "que les personnes qui disposaient d'un compte épargne auprès de la banque ABN Amro, rachetée en 2007 par Fortis, n'avaient pas de
soucis à se faire pour leur argent.
En outre, le ministre des Finances et la Banque nationale néerlandaise (DNB) ont encore la possibilité de s'opposer à l'intégration d'ABN Amro dans Fortis si la santé du bancassureur
belgo-néerlandais s'affaiblissait trop,toujours selon cette source.
Souvenez-vous : au printemps 2007, ABN Amro était le symbole de la vague
d'OPA qui sévissait alors sur les marchés, le rachat de cette banque par le consortium Fortis, RBS et Santander constituait la plus importante fusion de l'histoire dans le
secteur.
- Concernant le plan Paulson, l'espoir est de pouvoir arriver à un vote du plan avant l'ouverture des marchés européens lundi suivant différents
communiqués.
Economie :
Le chiffre du PIB US pour le 2nd trimestre est ressorti dans sa version définitive (des révisions sont toujours possibles cependant des mois après) à +
2,8 % contre + 3,3 % en 2ème lecture et contre 3,4 % anticipés.
La confiance du consommateur US pour septembre, selon l'Université du Michigan, est ressortie en baisse à 70,3 contre 70,9 attendu et 73,1 précédemment.
En France, si le moral des ménages remonte de 3 points à -44 suite à 13 mois de baisse d'affilée, le nombre de nouveaux demandeurs d'emplois aurait bondi en août à 30 / 40 000 contre 2000 en
moyenne mensuelle sur le 1er semestre.
* La semaine se termine avec des marchés actions américains qui semblent assez optimistes sur l'issue des débats concernant le plan d'assainissement des mauvaises créances si on en juge par
la clôture du Dow Jones. Par contre, la peur a atteint à nouveau des niveaux élevés sur le marché du crédit avec la défaillance de Washington Mutual notamment. Pour se détendre un peu
ce week-end :
Le CAC 40 termine en hausse de + 2,73 % à 4 226,81 points toujours balloté par les spéculations sur la mise en place du plan de cantonnement des mauvaises dettes liées à
l'immobilier US et aux subprimes.
La phase de discussion en est à la mise au point d'amendements au projet, sur fond "d'unité nationale" entre le Président actuel et les 2 candidats à la Maison Blanche, qui pourrait aboutir
à un accord suivant des déclarations démocrates plus positives que celles enregistrées jusqu'ici.
Nous allons nous centrer dans cet article sur les aspects purement économiques, des éléments à ne pas perdre de vue dans le brouhaha médiatique centré sur le plan, apparemment éclipsés
quelque peu par le score du jour mais qui paradoxalement dressent un constat de plus en plus négatif qui pourrait aider dans la mise en oeuvre du plan, le diagnostic sur la dégradation de
l'économie étant patent.
Après les éléments vus avant hier et hier pour l'Allemagne et la zone euro, l'économie irlandaise est la première à être entrée en récession au 1er et au 2 ème trimestre avec un recul de -
0,3 et - 0,5 % respectivement de son PIB. Pour mémoire: le Danemark à la lisière de l'Euroland y est déjà entré également.
? Qu'en est-il aux USA ?
Semaine dernière en pleine tempête Lehman Brothers, est passée un peu inaperçue la chute de la production industrielle en août de - 1,1 % avec une révision à la baisse des chiffres des
mois précédents. Ce secteur qui constituait un point fort qui permettait de compenser jusqu'ici la déprime dans le secteur immobilier est ainsi en train de 'lâcher' notamment sous le poids de la
chute du secteur de la production automobile. Le graphe ci-dessous montre que le trend haussier est rompu. Voilà qui tranche avec le constat fait le 1er août dernier avecun tableau
synthétique depuis 1945qui montrait la résistance industrielle et la dégradation du chômage aux
USA.
* Confirmation ce jour : les commandes de biens durables ont chuté de - 4,5 % le mois dernier contre - 1,3 % attendus et
une hausse de + 1,3 % le mois précédent. La baisse est présente quels que soient les secteurs : défense, transport, hors défense etc...
Letableau de bord de
la Fed dont est tiré le graphe n°2 est donc encore alourdi en tendance ce jour. La variation
annuelle de la production industrielle plonge en zone de contraction pour la première fois depuis la fin de l'été (les zones grisées correspondent aux phases de récession)
* Les opérateurs ont pris connaissance par ailleurs des chiffres des nouvelles inscriptions au chômage semaine dernière à
493.000 après 461.000 au plus haut depuis septembre 2001.
* Sur le front de l'immobilier, les ventes dans le neuf ont chuté de - 11,5 % sur un mois en août et de - 34,5 % sur un an avec une chute libre dans l'ouest de - 36,1 % sur un mois et de - 50 %
sur un an. Il s'agit de la plus faible progression en 17 ans. Le prix médian tombe à un plus bas de 4 ans avec une valeur de 221 900 $ en baisse de 5,5 % par rapport aux 234 900 enregistrés
en juillet. La baisse annuelle s'élève à - 6,2 %. Les stocks passent de 10,3 à 10,9 mois de ventes.
Production industrielle qui lâche, chômage qui se dégrade encore, chiffres sur l'immobilier hier et aujourd'hui excessivement peu engageants, voilà qui va dans le sens du tableau très alarmiste
dressé un peu plus tôt par G.BUSH, sur l'état de l'économie alors qu'il en soulignait la solidité il y a encore peu et qui pourrait jouer en faveur d'un consensus politique pour aller
vite...
A noter également : le plus gros conglomérat industriel et financier, General Electric, présent dans le monde entier sur un très grand nombre de secteurs qui fait figure de baromètre de
l'activité, a annoncé aujourd'hui réviser à la baisse son bénéfice par action pour le 3 ème trimestre à 0,43/0,48 $ par action contre 0,50/0,54 % précédemment. Il renonce également, compte
tenu du contexte actuel, à son programme de rachat de titres pour ne pas mettre en péril sa note de crédit suprême AAA.
Le Dow Jones repasse les 11 000 points en hausse de plus de 2 % une heure après la clôture de Paris.
En france, le Président Sarkosy vient d'annoncé que "L'Etat garantira la continuité du système bancaire" et
que "la remise en ordre du système financier ne serait pas complète si en même temps on ne cherchait pas à mettre un terme au désordre des monnaies" (source
: Reuters). A lire : "Crise financière : ce que vous risquez en 15 questions" parL'Express.fr