Rien de tel que la peur, la trouille des faux et des fourches pour que les gouvernements deviennent subitement compréhensif vis-à-vis de la population.
Entre le gouvernement chinois qui appelle la police à la "modération" pendant les "incidents de masse", et le gouvernement américain, c'est la course aux bonbons.
Le gouvernement de Deubeuliou est favorable à une extension des indemnités chômage, alors que précédemment, pour les petits salopiots de licenciés : "L'administration Bush s'est longtemps opposée à une telle extension en faisant
valoir qu'elle encourageait à ne pas rechercher d'emploi ".
Les néolibéraux passent donc de manière express de la criminalisation de pauvreté à l'assistance de masse.
Une seule cause : avoir chaud aux fesses.
Selon la terminologie marxiste, c'est la pression populaire qui obtient les avancées sociales.
Selon la terminologie astérixienne, Amora, déesse de la moutarde, monte aux nez de la population.
Il fallait accepter la compression salariale et des droits sociaux, parce que "l'on ne pouvait laisser la dette aux enfants et petits enfants".
Un journal crypto-marxiste (l'expansion, ils sont partout ! ils grouillent !) rappelle une évidence, que j'avais déjà rappelé il y a bien longtemps (mais rassurez-vous, ce n'était pas de moi, mais j'ai simplement une bonne mémoire) : " Il sera temps aussi de se souvenir que jamais
les générations montantes n'ont payé pour les dettes de leurs aînés. "
La crise immobilière, n'est pas le problème le plus important. Le problème le plus important est immobilier, mais d'infrastructures : les routes défoncées, les ponts qui s'écroulent, les centrales électriques hors d'âge, c'est aussi de l'immobilier, auquel on peut rajouter un zeste : le système de santé qui s'écroule.
Il n'y a, pourtant, rien de moins couteux qu'un système de santé EFFICACE.
L'article de D. Koskas sur les prêts hypothécaires rechargeables britanniques et ses mécanismes, me permet de rebondir.
Les loyers Britanniques chutent, semble t'il assez fortement, le grippage des ventes entrainant la mise en location de nombreux logements vides.
Or, ce qui caractérise le Royaume-Uni et toute l'Europe occidentale à l'heure actuelle, c'est un énorme parc immobilier, surdimensionné par rapport à la population existante.
En effet, certains prévoyaient une flambée des loyers causée par le report de décisions d'achats, c'est le contraire qui se passe.
On peut voir dans ce cas d'école, le "sirop de l'immobilier". Le sirop très lourd, c'est l'achat, le sirop un peu plus léger, c'est la recherche de location, et le sirop plus que léger, c'est la décision du propriétaire de louer.
La crise immobilière est devenue une crise bancaire, puis financière, tourne à la crise sociale, et finira en crise politique.
On ne peut pas demander de l'intelligence à des dirigeants d'entreprises qui trouvent "normal" de demander à être payé 600 fois plus que le pékin moyen, trouvent "normal" leur rémunération, trouvent "normal" d'être, par le biais des niches fiscales, exonérés d'impôts, et trouvent "normal" qu'après avoir compresser la demande, que le gouvernement prenne en charge la gestion de celle-ci.
Sans, bien sûr, vouloir de relance.
Il faut se faire une raison, dans certaines positions, il n'y a pas d'urgence.
Les PDG des groupes automobiles, trouvent "normal" le prix de leurs véhicule, trouvent "normal" leur consommation
Nous avions déjà évoqué les débuts erratiques des prêts hypothécaires rechargeables. Il s’agit cette fois de disposer d’une réserve d’argent à un taux de crédit immobilier, cela semble farfelu, surtout aujourd’hui. Pourtant, c‘est déjà possible depuis une dizaine d’années de l’autre côté de la manche ! A l’heure où l’on voit apparaître ici timidement les comptes courants rémunérés, les comptes courants hypothécaires représentent près de 10% des encours de prêts au Royaume-Uni.
Napoléon aimait à dire qu'il ne savait pas ce qu'il allait faire, lui le symbole du volontarisme était poussé par les évènements, plus qu'ils ne les contrôlaient.
Pour Obama, "ce sont les évènements qui dirigent et vont diriger son action plutôt que
lui-même qui en décidera ".
Toujours est il, que l'action, l'activisme débridé risque d'être et va être un impératif.
A cela, on peut rapprocher la situation chinoise. On avait beaucoup parler de découplage, mais ce découplage n'existe que dans les têtes.
Si la Chine a fait un plan de relance colossal, c'est parce que les problèmes sont colossaux.
Crise industrielle, crise immobilière, crise boursière, crise financière, il n'y a AUCUNE différence avec les pays de la triade, Amérique, Japon, Europe, sinon que la Chine reposait essentiellement sur la croissance de ses exportations, que ses infrastructures sont en retard et sa protection sociale (très) réduite.
"Qu'est heureux comme un pâtre, et..." Bon je vous laisse finir.
la citation en question, qui vaut grand croix dans l'ordre est celle-ci : "Plus l'arrêt du marché immobilier sera brutal, plus la reprise sera vigoureuse."
AAAAAAHHHHHH ?????????
Bien entendu, il n'y a aucune explication des mécanismes qui pourraient aboutir à ce rebond aussi spectaculaire que miraculeux de la part d'Olivier Mitterrand...
Bien entendu, il faut, là aussi, lire entre les lignes. Pas de rebond significatif avant 2010. On fait donc l'impasse sur 2009.
Là aussi, on part sur un a-priori. Il y aura résilience. Sans se poser, bien sûr, la moindre question, et
Ni Philippe II, ni Napoléon, ni Hitler n'avait réussi à couler Britannia, le sacro-saint tas de briques vient sans doute de le faire.
Même "Le Monde" le reconnait, même le porte-parole de l'opposition le reconnait, la devise, l'économie du Royaume est sinon au bord, du moins dans une possibilité d'effondrement.
D'ailleurs, même si le rapport de l'endettement bancaire rapporté au PIB est moins grave qu'en Islande (1 à 3 au lieu d'un à 7), les économies n'ont pas du tout le même poids, et surtout, beaucoup de ses créances sont en £, et beaucoup de ses dettes en monnaies étrangères.
Or la livre sterling a beaucoup baissé, accroissant la dette et diminuant mécaniquement les créances.
En même temps, le déficit budgétaire 2009 apparait comme catastrophique (déficit à 5 %).
Quarante-sept industriels européens pressent les états d'agir face à la crise.
Fort bien.
Que demandent ils ?
"plus d'impulsions budgétaires, notamment de la part de la première économie européenne, l'Allemagne ", traduit en clair, ce sont des baisses d'impôts, des investissements, des baisses de taux.
Pour ce qui est des baisses d'impôts et des baisses de taux, on prend ce qui a foiré, et on recommence.
Reste à savoir ce qu'ils mettent dans le mot "investissements".
Pas un mot, bien sûr sur LEUR responsabilité, qui est, ces trente dernières années, de compresser la demande, licencier à tour de bras, délocaliser, imposer le libéralisme économique, s'être copieusement servis dans la caisse à coup d'augmentations, de stocks options et de bonus, tout en bénéficiant le plus qu'il soit possible, des baisses d'impôts.
La courbe de Friggit, le prix de l'immobilier, logement, immeubles de rapports, et terrains, amènent certaines réflexions.
Tout d'abord, l'immobilier, c'est une vaste chose.
Après 1871, tout n'est pas si simple. Le monde agricole souffre beaucoup des traités de libre-échange. Le prix des terrains baisse, et dans les études rurales, le "haut niveau" des prix, n'est absolument pas de mise.
Déjà, il y a des vides, déjà, les immeubles tombent en ruine, déjà, on détruit.
Ailleurs, oui, en milieu urbain, il y a maintien. Rien ne vient imposer les rentes. L'épargne bourgeoise est haute, les placements à l'étranger rapportent aussi.
Après 1914, cela se dégrade. L'assemblée nationale vote le blocage des loyers, la monnaie s'effrite de 80 %, le terrain agricole ou à construire, c'est tout un, est d'une valeur très relative. Personne n'en veut.


